2011-11-07 09:47
Nouvelle
L'anglais comme langue de travail dans les
services publics : La première étude jamais réalisée révèle un
déséquilibre
Source : MONTRÉAL, le 7 nov. 2011
/CNW Telbec/
Le président de
l'Institut de recherche sur le français en Amérique (IRFA), Patrick
Sabourin, annonce aujourd'hui les résultats d'une étude inédite sur
la langue de travail dans les services publics au Québec et dans
les autres provinces canadiennes.
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l'étude
Réalisée par Henri Thibaudin de l'Institut de
recherche en économie contemporaine (IREC), l'étude intitulée
L'offre d'emploi de langue minoritaire des institutions publiques
au Québec et au Canada, montre que les secteurs de la santé, de
l'éducation et de la fonction publique regroupent au Québec plus de
135 000 emplois dont la langue de travail est principalement
l'anglais, ce qui représente un coût annuel en ressources humaines
de plus de 6 milliards de dollars. Alors que ces emplois requérant
l'utilisation de l'anglais représentent 13,9 % du total, le poids
démographique des anglophones au Québec est de 8,7 %.
Depuis quelque temps, le gouvernement du Québec met sur pied des
campagnes de promotion afin d'augmenter l'utilisation du français
au travail. Ces mesures incitatives, dont le coût total s'élève à
quelques millions de dollars, ont pour objectif de convaincre les
entrepreneurs qu'une offre de service et une raison sociale en
français peuvent avoir des répercussions positives sur leurs
affaires.
« Alors que le gouvernement tente d'inciter les commerçants à
utiliser davantage le français dans leurs affaires, nous nous
sommes intéressés à ce qui se passe au niveau des secteurs d'emploi
soutenus par l'état et les administrations municipales, » résume
Patrick Sabourin, président de l'IRFA et étudiant au doctorat en
démographie au centre Urbanisation, culture et société de
l'Institut national de la recherche scientifique. « Ces secteurs
d'emploi sont intéressants à étudier puisque, dans une large
mesure, les gouvernements y contrôlent la langue de travail. Il est
répandu de blâmer les effets anglicisants de la mondialisation et
du commerce international… mais les secteurs publics en sont
essentiellement à l'abri! » rajoute monsieur Sabourin.
Résumé de l'étude
À l'aide des données du recensement de 2006, l'auteur de l'étude
évalue, au sein du secteur public, la part des emplois pour
lesquels on utilise l'anglais au moins la moitié du temps. Les
résultats montrent que :
Au Québec, les secteurs de la santé, de l'éducation et de la
fonction publique regroupent respectivement, 49 610, 54 310 et 31
330 emplois, pour un total de 135 250.
Ces secteurs représentent des revenus totaux de 6,150 milliards
pour les travailleurs.
Le poids du secteur public de langue anglaise au Québec représente
13,9 % du total, soit 5,2 points de plus que le poids démographique
des anglophones (8,7 %).
Au Canada anglais, le secteur public de langue française est en
général relativement moins important que la population de langue
française. Le poids du secteur public de langue française est de
4,9 % en Ontario, 31,8 % au Nouveau-Brunswick et de 1,3 % dans les
autres provinces. Le poids démographique des francophones est de
4,4 % en Ontario, 33,4 % au Nouveau-Brunswick et de 2,2 % dans
l'ensemble des autres provinces.
Au Québec, moins de la moitié des emplois dont la langue de travail
est l'anglais sont occupés par des anglophones. Pour l'ensemble des
trois secteurs soutenus par les gouvernements, 44 % des emplois de
langue anglaise sont occupés par des anglophones, 29 % par des
francophones et 27 % par des allophones.
« Les secteurs publics de langue anglaise du Québec comptent 50 000
emplois de plus que ce que l'on pourrait escompter compte tenu du
poids démographique des anglophones. Ces emplois supplémentaires
représentent des revenus de 2,2 milliards de dollars pour les
travailleurs. Au Canada anglais, au contraire, on compte environ 7
000 emplois en deçà de ce qui serait justifié par le poids
démographique des francophones, soit un déficit d'environ 270
millions de dollars en revenus pour les travailleurs, » affirme
Henri Thibaudin auteur de l'étude, chercheur et consultant en
économie.
La majorité des emplois publics de langue anglaise sont concentrés
dans la région de Montréal (surtout les secteurs de la santé et de
l'éducation) et celle de Gatineau (le secteur de la fonction
publique). De nombreuses études ayant déjà démontré l'importance de
la langue de travail sur la langue d'usage et l'intégration
linguistique, il serait intéressant d'étudier plus en profondeur
l'impact des institutions de langue anglaise sur les comportements
linguistiques des travailleurs allophones et francophones.
Conclusions
« Cette étude nous montre que la
faible position du français dans les milieux de travail n'est pas
qu'une affaire de mondialisation. Par le financement des secteurs
de la santé, de l'éducation et de la fonction publique, les
gouvernements fédéral, provinciaux et municipaux soutiennent
directement et indirectement une part disproportionnée d'emplois de
langue anglaise, que ce soit au Québec ou dans le reste du Canada.
Cette distorsion dans la configuration institutionnelle est au
désavantage des francophones partout au pays, » conclut Patrick
Sabourin.
À propos de l'IRFA
Fondé en 2008, l'Institut de recherche sur le français en Amérique
(IRFA) a trois missions : la recherche scientifique (enrichissement
du savoir), la formation (constitution d'une relève scientifique)
et la diffusion de l'information (développement de l'esprit
critique des citoyens relativement à la question linguistique).
Renseignements :
Source : IRFA
Les médias peuvent télécharger l'étude complète ou un résumé sur le
site de l'IRFA : irfa.ca
Contact médias pour obtenir des entrevues :
Lamia Charlebois
Consultante en relations publiques
Tél. : 514 279-4601
Courriel : rp@lamiacharlebois.com
Patrick Sabourin
Président - IRFA
Tél. : 514-358-6085
Courriel : patrick.sabourin@irfa.ca