2012-01-11 15:46
Nouvelle
La francisation des entreprises
Le cas de Gecko Alliance
CATHY ST-AMAND // SECTION LOCALE 1044 DES
TCA
CATHY ST-AMAND //
SECTION LOCALE 1044 DES TCA
Présidente de son unité, Cathy St-Amand travaille à Québec chez
Gecko Alliance, un manufacturier et un distributeur de contrôles
électroniques, de systèmes d’assainissement, de pompes ainsi que
d’accessoires pour spas, baignoires et baignoires à remous.
L’entreprise fondée en 1989 possède une usine
en Californie. Plus de 140 personnes y travaillent. Comme
l’entreprise compte plus de 50 personnes, la loi 101 impose des
obligations en matière de francisation. C’est donc dire que Gecko
Alliance applique un programme de francisation depuis sûrement une
vingtaine d’années. Mais qu’en est-il dans les faits de ce parcours
de francisation?
Cathy St-Amand ne décrit pas la situation du français de son milieu
de travail comme alarmante, mais s’inquiète plutôt des conséquences
à long terme que le peu d’intérêt manifesté par l’entreprise peut
avoir sur la réalisation du programme de francisation et sur la
motivation du personnel quant au fait de maintenir la place du
français au travail. « A priori, chez Gecko Alliance, on a
l’impression de travailler en français, mais en regardant de plus
près, on se rend compte que l’on est encore loin de la
généralisation de l’utilisation du français à tous les niveaux de
l’entreprise comme le veut la loi. Par exemple, sous prétexte
qu’ils sont trop vieux pour être traduits, on continue de nous
faire travailler avec des logiciels en anglais. Les bons de
commande et les instructions de travail ne sont toujours pas
complètement traduits et la gestion des stocks est, en grande
partie, à franciser.
Nous avons aussi comme exemple du travail à finir celui de la
traduction des fiches signalétiques et de l’étiquette de lieu qui
accompagnent tous les produits contrôlés (SIMDUT). Comme bien des
entreprises soumises à des obligations de francisation, Gecko
Alliance s’est inscrite dans la mouvance de l’abonnement à la
prolongation de son programme de francisation comme preuve
d’adhésion aux règles de la loi 101. »
Le comité de francisation
La loi 101 fait obligation aux entreprises qui emploient cent
personnes ou plus à former un comité de francisation d’au moins six
personnes, dont la moitié des membres doivent représenter les
travailleurs et travailleuses de l’entreprise. L’un des rôles
officiels du comité de francisation est de surveiller l’application
du programme de francisation. À cet égard, la loi prévoit que le
comité doit se réunir au moins une fois tous les six mois. Ainsi,
le comité constitue la voie par laquelle les syndicats peuvent se
tenir au courant du processus de francisation et l’influencer.
Or, chez Gecko Alliance, les représentants des travailleurs et
travailleuses ne peuvent occuper ce champ d’action parce que le
comité est très peu actif depuis bien longtemps. Pour l’heure,
dit-on, il n’y a pas lieu de s’inquiéter de la réalisation du
programme de francisation. Pour Cathy St-Amand, cette mentalité
rend la tâche difficile : « Ce que nous souhaitons le plus, c’est
d’établir un dialogue ouvert avec les représentants de l’employeur
quant à la réalisation du programme de francisation. Nous croyons
que nous pouvons collaborer avec les représentants de l’entreprise
à donner une nouvelle impulsion au projet de francisation. Comme il
y a rarement des réunions du comité, il devient difficile de
surveiller l’application du programme de francisation. Pour
l’instant, notre participation se limite à quelques noms de
travailleurs et travailleuses syndiqués inscrits sur une liste que
possède l’Office québécois de la langue française. Ce que nous
voulons, c’est la place que nous donne la loi; des membres à part
entière du comité dont le mandat est de piloter l’ensemble de la
démarche de francisation. »