2012-05-22 10:56
Nouvelle
Affichage illégal à Saint-Laurent: 333
infractions recensées dans le parc Industriel
Source : Valerie R. Carbonneau,
www.nouvellessaint-laurent.com
Après avoir scruté
à la loupe les secteurs de Côte-des-Neiges, Notre-Dame-de-Grâce et
Saint-Laurent, des membres de la section Nicolas-Viel de la Société
Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJBM) et du Mouvement Québec
français (MQF) ont déposé, le 18 avril dernier, un dossier officiel
à l’Office québécois de la langue française (OQLF) concernant
l’affichage commercial. En tout, l'investigation mise en branle en
novembre dernier a permis de recenser plus de 850 plaintes. De ce
nombre, pas moins de 333 présumées infractions à la Loi 101 se
retrouvent en territoire laurentien. Dans le parc Industriel,
surtout.
L’affichage extérieur de plusieurs entreprises est illégal, c'est
ce qu'a constaté le vice-président de la section Nicolas-Viel de la
SSJBM, Jean Archambault, en arpentant le parc Industriel. Or, le
projet de recenser l’affichage illégal dans la circonscription de
Saint-Laurent n’est pas le fruit du hasard, admet Archambault. Il
découle du projet entrepris par la section Nicolas-Viel dans la
circonscription de l’Acadie l’automne dernier. « Le 2 novembre
2011, les médias rapportaient que dans le comté de Christine
Saint-Pierre, ministre responsable de la Loi 101, 76 infractions
avaient été recensées et qu’au terme de ce processus, ce sont
finalement 134 plaintes qui avaient été déposées auprès de l’OQLF.
»
Le comté de Saint-Laurent s’anglicise de plus
en plus, pense Jean Archambault. Et cette tendance se manifeste
notamment dans la langue de travail de milliers d’employés œuvrant
dans le parc Industriel de Saint-Laurent, qui est principalement
l’anglais. « D'ailleurs, près de 50 % des compagnies qui font
l’objet des plaintes et qui ont un site Web, fonctionnent avec un
site unilingue anglais », d'ajouter ce dernier.
En effet, si l'on se fi au recensement de 2011, l'arrondissement de
Saint-Laurent aurait vu sa population immigrante augmenter de 10 %
depuis 2006. Il s'agit surtout d'immigrants de première ou de
deuxième génération, issus majoritairement de l'Afrique du Nord, du
Bangladesh, de la Chine et de l'Inde. Or, les Maghrébins, bien
qu'ils soient généralement francophiles, se voient quand même
assujettis à l'anglais comme langue de travail.
« La langue de travail est, pour l'immigrant, le meilleur moyen
d'apprendre à parler français. Plus qu'une simple langue, c'est un
mode de vie, un accès à la culture. Or, quand une entreprise
affiche en anglais à l'extérieur, ce n'est que la pointe de
l'iceberg. On peut très bien se douter que l'affichage à l'interne,
en plus des communications, se fait également en anglais. »
Le 26 avril, M. Archambault s'est rendu aux bureaux du ministre de
la Justice et député provincial de Saint-Laurent, Jean-Marc
Fournier, pour déposer une copie des infractions présumées. De son
côté, l'OQLF se donne un délai de trois mois pour évaluer les
plaintes une par une.
Son de cloche des élus
« Les gens de la SSJMB sont simplement venus nous aviser de la
situation, a raconté M. Fournier aux Nouvelles de Saint-Laurent. On
ne veut pas intervenir dans le processus, on cherche à aider plutôt
qu'à judiciariser. »
Dans 98 % des cas, les entreprises qui contreviennent à la Charte
de la langue française collaborent pour corriger la situation,
poursuit-il. D'ailleurs, en plus d'offrir des cours de français, la
Chambre de commerce de Saint-Laurent offre un service
d'accompagnement des entreprises pour se conformer à la loi, a-t-il
admis, en ajoutant qu'un représentant de l'OQLF était présent au
Gala Alpha afin de remettre le prix spécial « Mérite du français en
entreprise ».
Quant au maire Alan De Sousa, il s'abstient habituellement de
commenter ce qui est du ressort des gouvernements provincial et
fédéral.