Dans le cadre de
son mandat de suivi de la situation linguistique, l'Office
québécois de la langue française a rendu publiques vendredi dernier cinq études sur la
langue d'accueil, de service et d'affichage en 2010 et en 2012 dans
les commerces de Montréal ainsi que sur les langues utilisées sur
Internet.
Ces études sont résumées dans un document produit par l'Office
intitulé Langue d'accueil, de service et d'affichage dans les
commerces et langues utilisées dans les activités sur Internet. Le
tout est disponible dans le site de l'Office (www.oqlf.qc.ca).
Les études de l'Office font notamment
ressortir que sur l'île de Montréal en 2010 :
- 84 % des commerces accueillaient leur clientèle en français
seulement;
- le service en français était disponible dans 96 % des
commerces;
- trois commerces sur quatre (72 %) affichaient tous leurs
messages de manière conforme à la Charte de la langue française
alors que 28 % avaient un affichage non conforme;
- 83 % des commerces affichaient un nom d'entreprise conforme à
la Charte;
- le français était présent sur la devanture de 94 % des
commerces;
- 85 % des messages affichés sur les devantures des commerces
étaient rédigés uniquement en français ou avec une nette
prédominance du français.
Par ailleurs, ces études démontrent qu'au centre-ville de Montréal
en 2012 :
- l'usage du français seulement comme langue d'accueil dans les
commerces a diminué, entre 2010 et 2012, passant de 89 % à 74 % au
profit d'un accueil bilingue français/anglais qui, lui, est passé
de 1 % à 13 %;
- la situation du français comme langue de service est demeurée
stable, le service se faisant en français dans 95 % des
commerces;
- 82 % des commerces affichaient leur nom de façon conforme à la
Charte; ce taux est plus élevé pour les commerces sur rue que pour
ceux situés dans les centres commerciaux;
- la proportion de commerces sur rue dont l'affichage du nom est
conforme à la Charte a augmenté, entre 2010 et 2012, de 78 % à 85
%, alors qu'elle est restée stable dans les commerces des centres
commerciaux, à 72 %.
Réagissant à cette publication, la ministre de la Culture, des
Communications et de la Condition féminine et ministre responsable
de l'application de la Charte de la langue française, Mme Christine
St-Pierre, a déclaré : « Ces études de l'Office, encore une fois,
dressent un portrait nuancé de la situation de la langue française
comme langue d'accueil, de service et d'affichage à Montréal en
2010 et en 2012. »
Soulignant que l'utilisation du français comme langue de service
demeure très élevée, la ministre s'est cependant dite préoccupée
par la baisse, entre 2010 et 2012, au centre-ville de Montréal, du
français comme seule langue d'accueil au profit d'un accueil
bilingue, même si cela est permis par la Charte de la langue
française.
La ministre a aussi indiqué qu'il fallait que « la conformité de
l'affichage des commerces au regard des exigences de la Charte
fasse encore des progrès. Mon gouvernement entend poursuivre ses
efforts et ses actions afin de protéger et de valoriser le
français, particulièrement à Montréal, notamment auprès des petites
entreprises dans le cadre de la Stratégie commune d'intervention
pour Montréal, 2008-2013, Le français, notre affaire à tous. »
Mme St-Pierre a tenu à remercier les auteurs de ces études ainsi
que les membres du Comité de suivi de la situation linguistique et
son président, M. Marc Termote, pour leur travail.
Elle a ajouté « qu'en cette année qui marque le 35e anniversaire de
la Charte de la langue française, la pérennité de la langue
officielle du Québec demeure l'affaire de tous et nous devons, dans
le cadre de nos activités quotidiennes, agir pour promouvoir le
français. »