2012-06-04 15:03
Nouvelle
Le comité sur la langue de travail au
Québec n'est toujours pas créé
Source : Lina Dib, La Presse
Canadienne, Ottawa

L'opposition à
Ottawa doute de plus en plus du sérieux du ministre Christian
Paradis dans le dossier de la langue de travail au Québec. En
novembre dernier, le ministre a annoncé la mise sur pied d'un
comité pour se pencher sur la situation du français dans les
entreprises québécoises sous réglementation fédérale. Plus de six
mois plus tard, toujours rien. Pas de mandat, pas de budget, pas de
président, pas de comité.
Au bureau du ministre Paradis, on reprend le même prétexte que la
dernière fois que le retard avait été souligné. «Notre gouvernement
prend ce comité très au sérieux. Voilà pourquoi la composition et
le mandat du comité seront dévoilés au terme d'une démarche
sérieuse et réfléchie», écrit dans un courriel l'attachée de presse
du ministre de l'Industrie, Alexandra Fortier.
En novembre, la personne qui a précédé Mme Fortier au même poste
promettait que la composition exacte du comité consultatif serait
annoncée avant le congé de fin d'année 2011. Elle promettait aussi
que l'éventuel rapport de ce comité serait rendu public.
L'automne dernier, au Québec, les manchettes
soulignaient la présence d'unilingues anglophones dans des postes
de direction de banques à Montréal. Le secteur banquier n'est pas
soumis à la Chartre de la langue française puisqu'il relève du
gouvernement fédéral.
À Ottawa, au même moment, le gouvernement conservateur s'était
retrouvé face à un projet de loi néo-démocrate qui aurait imposé le
français comme langue de travail dans les entreprises sous
juridiction fédérale au Québec, tout en offrant quelques exceptions
dans certains cas. Les conservateurs avaient défait ce projet de
loi et le ministre Paradis avait annoncé son comité qui allait,
disait-il, «évaluer si un problème existe au niveau de la langue
française au sein des entreprises privées qui opèrent dans la
sphère fédérale».
«Pour moi ça a toujours été de la poudre aux yeux, dit le bloquiste
André Bellavance. Le ministre Paradis avait annoncé ça, j'ai
l'impression, de façon improvisée pour pelleter en avant. On voit
que le pelletage en avant continue et ils n'ont nullement
l'intention de se pencher sur cette question-là.»
Le député néo-démocrate Robert Aubin interprète aussi les six mois
d'attente comme une preuve que cette question n'intéresse pas les
conservateurs. «Je ne crois pas qu'ils aient vraiment l'intention
de s'y attaquer», a dit M. Aubin au cours d'une entrevue
téléphonique, vendredi.
Il s'est donné pour tâche de réclamer des comptes sur ce dossier au
ministre Paradis une fois par mois.
La dernière fois, c'était le 24 avril. Lorsque le député Aubin a
interpellé le ministre en chambre, Christian Paradis est resté
assis. C'est la ministre du Travail, Lisa Raitt, qui s'est levée à
sa place. «Le ministre de l'Industrie a annoncé la création d'un
comité qui se penchera sur la question, et nous avons hâte de
connaître ses conclusions», a-t-elle dit.