2012-06-12 16:51
Nouvelle
Parler anglais au travail, une source de
stress pour les salariés
Source : www.francetv.fr
"Do you speak
english ?" "Yes, but only under torture". Selon un baromètre de la
CFE-CGC publié mardi 12 janvier, 71% des cadres utilisent une
langue étrangère au travail, principalement l'anglais. Or, six
Français sur dix jugent leur niveau mauvais dans cette langue,
selon une enquête Ifop. Raison qui explique sans doute que, pour
45% des cadres, parler une langue étrangère est une source de
stress, selon ce baromètre.
En piochant au hasard dans les annonces de l'Agence pour l'emploi
des cadres (Apec), on constate que la plupart exigent un anglais de
"bon niveau", voire stipulent que la connaissance de cette langue
"est indispensable aussi bien à l'écrit qu'à l'oral". Pourtant, la
loi Toubon (1994) stipule bien que le français est la langue du
travail en France.
"Service is
maybe dead"
Cette appréhension est-elle justifiée ? "Un mauvais niveau
d'anglais freine la carrière, mais n'est pas réellement fatal",
confie un cadre dans une société informatique, précisant toutefois
que dans son entreprise, "les gens ne maîtrisant pas du tout
l'anglais ne sont tout simplement pas recrutés". Selon lui, la
maîtrise de cette langue est "surtout une source d'irritation",
notamment parce que "celui qui maîtrise mieux que ses collègues
pourra plus facilement prendre l'ascendant lors d'une réunion".
Le manque de maîtrise de la langue peut aussi engendrer des
situations cocasses, rapporte-t-il, évoquant un logiciel qui a
longtemps affiché "service is maybe dead" ("service peut-être
mort") pour dire qu'une application était défaillante.
Selon Jean-Paul Nerrière, ancien vice-président d'IBM-USA en charge
du marketing international, les Allemands sont "aussi médiocres que
nous", mais dans les "réunions internationales, ils prennent la
parole, ils vocifèrent, ils trépignent". "Pendant ce temps-là, les
Français préparent dans leur tête la phrase qu'ils vont utiliser
quand elle aura été bien polie. Et quand elle est prête, le débat
est parti ailleurs...". Alors, à quand l'anglais décomplexé à la
machine à café ?
FTVi avec AFP