Mario Ayala, un exemple de détermination et
d’engagement
Mario Ayala est originaire de la ville La
Liberté, située au sud-ouest du Salvador, le plus petit pays de
l’Amérique centrale du côté de l’océan Pacifique.
Mario est arrivé au Québec en 1987 après un long périple de trois
ans au cours duquel il a traversé l’Amérique centrale et les
États-Unis pour arriver à Montréal. Mario a quitté son pays natal
en 1984, à l’âge de 23 ans, en raison d’une guerre civile qui
ravageait le pays. Sa famille ayant quitté le pays un an plus tôt
pour les États-Unis, Mario comptait les y rejoindre.
Mario ne possédait ni moyens financiers, ni les documents
nécessaires pour pouvoir faire le voyage, toutes les ressources
financières ayant été utilisées pour le départ de sa famille. Il a
voyagé avec les moyens les plus simples, comme la marche ou les
trains de marchandises. Son premier arrêt a été le Mexique où il a
travaillé un moment pour faire un peu d’économies et pouvoir ainsi
payer un passeur qui l’amena aux États-Unis en traversant le
désert. Il a rejoint sa famille qui habitait à New York et a
travaillé dans la restauration jusqu’à son départ vers la ville de
Montréal au mois de février 1987. Il est arrivé en plein milieu
d’un hiver qui battait des records de chutes de neige.
À son arrivée à Montréal, Mario ne parlait ni français, ni anglais
et il ne connaissait personne qui puisse lui venir en aide. De
plus, il ne connaissait du Canada que le froid légendaire et les
glaciers que l’on peut voir sur les cartes postales.
« Lorsque je suis sorti de l’autocar à Montréal, j’ai cherché une
place pour manger. Je suis entré chez McDonald, la seule place qui
m’était familière. Je me suis dirigé vers la serveuse, je lui ai
dit « hamburger please ». La dame m’a répondu, mais comme je ne la
comprenais pas, je suis resté un long moment à la regarder en
silence, après quoi j’ai répliqué « coffee and donuts ». Ainsi,
j’ai mangé un beigne alors que je voulais un hamburger. Je riais
tout seul en mangeant, mais en même temps, je me demandais où
j’étais arrivé. »
Mario a entrepris ses démarches avec Immigration Canada pour
l’obtention de son statut de réfugié. Pendant ce temps, il n’avait
pas accès au cours d’apprentissage de la langue française.
Trois mois après son arrivée, Mario a trouvé son premier emploi
chez Vêtements Peerlees où il travaille toujours. Il y a été
accueilli par Aline Lachapelle, présidente syndicale de la section
locale de l’établissement, qui a grandement aidé à son intégration,
autant dans le milieu de travail que dans la société québécoise.
Avec l’aide de la représentante syndicale, il a appris ses premiers
mots en français et le reste il l’apprit avec ses collègues de
travail, au jour le jour. Un peu plus tard, il s’est inscrit à des
cours de français au Centre d’orientation et formation d’immigrants
(COFI).
Deux ans après son embauche, Mario s’implique syndicalement et
devient délégué. En 1998, il est élu vice-président de la section
locale 1998 des Teamsters. En 2009, il devient directeur de la
division vêtement de la section locale 106 des Teamsters, à la
suite d’une fusion avec ladite section locale.
« Je crois m’être bien intégré à la société québécoise. En grande
partie, c’est grâce à l’aide que j’ai reçue des dirigeants
syndicaux au début de mon emploi. Je suis convaincu que c’est par
le biais des syndicats locaux qu’il est possible de faire la
différence en termes d’intégration de personnes immigrantes, j’en
suis la preuve. C’est justement une des raisons pour laquelle je
m’implique syndicalement. Je veux donner autant d’aide aux autres
travailleurs que j’en ai reçue. »