Le parcours de Maikaylou
Tamboura
Maikaylou Tamboura
Quand Maikaylou a décidé de tenter sa chance
sous d’autres cieux, il tenait à demeurer au sein de la
francophonie mais ne voulait pas vivre en Europe. Le Québec lui
apparut alors comme alternative. Armé de son diplôme de
géomètre-topographe, il tente de poursuivre sa carrière dans ce
domaine. La quête d’emploi est difficile du fait qu’il manque de
connaissances en informatique. Après un bref séjour infructueux en
Abitibi, il revient à Montréal et s’installe dans le quartier
Hochelaga-Maisonneuve.
Trois mois plus tard, c’est d’abord par l’entremise d’une agence de
placement qu’il se trouve un emploi d’emballeur chez Dorel Cosco,
un fabricant de meubles. L’entreprise compte alors 250 employés,
principalement de jeunes immigrants qui en sont à leur premier
emploi au Québec. Il existe un malaise dans les ateliers en raison
des cadences de travail, souvent infernales. L’entreprise n’est pas
syndiquée mais ce que ne sait pas Maikaylou, c’est qu’il y a une
campagne de syndicalisation en cours menée par Unite Here. Il n’est
pas encore impliqué à ce moment-là.
C’est seulement vers la fin de la campagne de syndicalisation qu’il
comprend l’enjeu et qu’il décide de s’impliquer. Même s’il a déjà
milité dans son pays d’origine, Maikaylou doit faire
l’apprentissage d’une autre forme d’action syndicale.
Enrôlé presque à son insu
Avec l’accréditation obtenue en 1996, tout se précipite pour
Maikaylou. Il est en quelque sorte poussé dans l’action syndicale
par ses collègues de travail qui voient en lui quelqu’un qui n’a
pas peur de parler au patron et qui dit toujours ce qu’il pense. On
le perçoit comme quelqu’un capable de porter les revendications de
ses confrères et consoeurs de travail : on le nomme délégué et il
est l’un des signataires, en 1998, de la première convention
collective. C’est une époque où il cumule travail, études
universitaires et fonction de délégué syndical, époque où
l’entreprise triple son personnel.
En 2001, il est embauché par son syndicat comme conseiller et
affecté aux relations syndicales dans les milieux de travail où
sont présents des travailleurs et travailleuses des communautés
culturelles. Il y demeurera jusqu’en 2006. Il passe alors au
Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), dans le secteur
des affaires sociales.
Quand on demande à Maikaylou ce qu’il retire de ce cheminement, il
affirme que « le monde du travail
en usine est une grande école de solidarité pour qui sait être
attentif au quotidien des autres. Je m’en inspire toujours pour mon
travail. Quant à l’action syndicale, je ne dirai jamais assez qu’il
n’y a pas meilleur moyen pour faciliter l’intégration. La clé du
progrès social demeurera toujours la solidarité ».