Soundararaj Srinivasan
À vélo pour
la paix
Dans son Inde natale, celui que tout le monde surnomme
familièrement Sound est un véritable athlète, un pro du vélo. C’est
la passion de ce sport qui l’amène, commandité par le Club Lions, à
sillonner les sols de l’Asie, de l’Afrique du Nord et de l’Europe.
Accompagné d’un ami, il roule pour la paix, à raison de 150 à 200
km par jour. Dans chaque ville, les deux compagnons tentent de
rencontrer hommes et femmes de l’univers politique pour les
sensibiliser à la paix. Ce périple l’amènera jusqu’au Vatican, où
il sera reçu par le Pape.
Après deux ans et demi, ce tour pour la paix se déploie en Amérique
du Nord. C’est ainsi que Sound et son ami débarquent à Hamilton en
1988, admis au Canada en tant qu’immigrants-athlètes.
C’est en réalisant son premier tour qui doit le mener de Hamilton à
Halifax que Sound a le coup de foudre pour Montréal. « J’ai senti quelque chose, de dire Sound,
j’ai voulu y revenir! ». Il y reviendra. Mais le tour de la
paix terminé, c’est plutôt à Farnham, au Québec, qu’il
s’installera. Pendant quelques années il y exercera la fonction de
gérant dans un motel-restaurant de Farnham, puis dans la ville de
Granby.
La fibre syndicale…dans le
textile
À la suite de ces expériences de travail, Sound emménage enfin dans
la ville qui l’a fait vibrer lors de son tour pour la paix,
Montréal. Il y achète un dépanneur. Après trois ans et trois vols à
main armée, la naissance de son premier enfant le convainc de
changer de métier. C’est en 1995 qu’il est embauché chez Peerless
Clothing, le plus grand manufacturier de vêtement pour hommes en
Amérique du Nord.
Très vite, Sound devient délégué d’atelier et s’implique activement
dans l’action syndicale. En 1996, son poste dans l’atelier est
aboli. Mais tout n’est pas perdu pour lui. Il se présente aux
élections de sa section locale et entre dans le comité exécutif à
titre de secrétaire-trésorier de la section 1998 des Teamsters,
poste qu’il occupe maintenant à temps plein.
C’est en prenant des cours sur les lieux de travail et surtout en
travaillant avec Aline Lachapelle, présidente dévouée de la section
locale, que Sound a appris le français. Même s’il se débrouille
déjà fort honorablement, il continue de prendre des cours pour
mieux répondre aux besoins des membres qu’il représente.
Être à l’écoute des membres, voilà ce qu’il aime le plus dans son
travail. Lui qui n’avait jamais occupé de fonctions syndicales
avant de travailler chez Peerless a découvert tout un monde.
« Le mouvement syndical m’apporte
beaucoup sur le plan humain. J’aime communiquer avec les gens pour
les aider au besoin dans plusieurs facettes de leur vie de travail.
Dans notre section locale, l’ambiance est familiale, amicale, c’est
un milieu de travail très agréable. Je suis fier d’être un
Teamsters et fier de mon rôle syndical» de conclure Sound
dans un large sourire. La passion que l’on lit dans ses yeux ne
peut nous faire douter que l’action syndicale répond aux besoins
fondamentaux des travailleurs et des travailleuses.