De la ville blanche à la blancheur
hivernale
Fouad Zouini
Le long
chemin vers l’électromécanique
Comme beaucoup de personnes immigrantes, Fouad, titulaire d’un
baccalauréat en sciences naturelles au Maroc, n’a pu apporter avec
lui ses diplômes. Devenu chômeur à la suite de la fermeture des
commerces de son beau-frère, il décide d’entreprendre des études en
électromécanique. Il obtient son diplôme avec grande distinction.
Commence alors pour lui la recherche d’emploi. Neuf mois et 800
demandes d’emploi plus tard, Fouad est embauché en 1995 chez Bœuf
Mérite, une division de Métro Richelieu.
Fouad est d’abord embauché comme monteur de commandes mais ne perd
pas de vue son objectif d’accéder à un poste d’électromécanicien.
Trois ans passent et aucun poste d’électromécanicien ne se libère.
De monteur de commandes, Fouad devient désosseur, sur le quart de
soir. En même temps, il s’intéresse à la vie syndicale et se fait
élire délégué en 1998. Après deux ans au poste de désosseur, il
accepte la proposition de son employeur de suivre une formation
pour devenir formateur dans ce domaine.
Lorsque les postes de désosseurs de soir sont abolis, Fouad est
muté au service de l’injection, puis devient monteur de commandes
au frais. Près de 18 ans se sont écoulés depuis son arrivée au
Québec et Fouad n’a pas encore travaillé comme électromécanicien.
Qu’à cela ne tienne, comme le dit Fouad : « Il me reste de belles années de travail
devant moi ».
Syndicalistes de père en fils
Voilà déjà 10 ans que Fouad est délégué syndical. Soulignons que
les travailleurs de Bœuf Mérite sont représentés par la section
locale 1991 du syndicat des Travailleurs et travailleuses unis de
l’alimentation et du commerce (TUAC).
« J’aime être au cœur de
l’action, explique Fouad, et pour moi, défendre les travailleurs
c’est très important. Je porte un grand respect à mes collègues de
travail et je crois que c’est pour cette raison qu’ils m’ont
encouragé à me présenter comme délégué syndical ». Fouad
raconte que c’est aussi à cause de son père, qu’il décrit comme un
très grand syndicaliste, qu’il s’est intéressé à la vie syndicale.
Enfant, le petit Fouad a assisté à de nombreuses réunions
syndicales dans son Maroc natal. Il regrette de ne pouvoir faire la
même chose avec ses trois enfants.
Est-ce un défi particulier pour un immigrant de devenir délégué
syndical? Pour moi oui de dire Fouad : « Pas facile quand on est arabe et musulman.
Mon implication dans la vie syndicale m’a donné confiance et a
facilité grandement mon intégration. »
Faut dire que son intégration était partie du bon pied. «
Lorsque je suis passé à la douane
lors de mon arrivée en 1990, ils m’ont dit sois le bienvenu et je
me suis senti chez moi immédiatement, et ça continue! ».
Fouad espère toujours décrocher un poste d’électromécanicien.