Oukacha Errihi
Syndicaliste
un jour, syndicaliste toujours…
En tant que travailleur au Maroc, Oukacha était syndiqué et
militant actif et souhaitait le devenir dans son nouveau milieu de
travail. Mais voilà, « j’avais
peur de m’impliquer, je ne savais pas comment ça fonctionnait
dit-il ». Cinq ans après son arrivée, après s’être
familiarisé avec le fonctionnement de la vie syndicale dans
l’entreprise, il s’implique en acceptant toutes les fonctions que
ses confrères et consoeurs lui proposent : représentant en santé et
sécurité du travail; délégué syndical; délégué au comité d’atelier;
délégué au comité personnes immigrantes rattaché à la FTQ.
L’implication syndicale comme
facteur d’intégration
Pour Oukacha, « l’implication
syndicale suppose l’engagement de relations humaines qui vont
au-delà du métier car elle embrasse l’action solidaire, politique,
communautaire et économique. L’implication syndicale suppose aussi
l’écoute de l’autre pour comprendre les rouages de la vie
démocratique. Quand on s’adonne à l’écoute de l’autre, on apprend
en même temps à le connaître et à établir de l’action en mode de
solidarité et de fraternité. Il y a alors moins d’espace pour les
préjugés, la discrimination voire le racisme. »
Dix-huit ans après son arrivée au Québec, Oukacha porte le jugement
suivant : « L’action syndicale
amène le respect au travailleur, quand on est syndiqué, on est plus
qu’un numéro au service d’une entreprise. Notre métier et notre
savoir-faire prennent une autre dimension. Je ne voulais pas être
l’observateur de ma propre intégration au travail et dans la
société. J’ai fait de mon intégration un engagement. »
Oukacha nous confie que son attachement pour le Québec n’a en rien
altéré son amour pour sa patrie d’origine, le Maroc, où il se rend
à chaque été avec sa famille.