Bien que de portée limitée, la loi Lavergne constituait le première affirmation de l'État québécois en matière d'intervention linguistique.
24 mars 1961 – Création du ministère des Affaires culturelles et l’Office de la langue françaiseL'Office de la langue française (OLF) est rattaché au ministère des Affaires culturelles qui vient d'être mis sur pied. Cet organisme gouvernemental est chargé de faire la promotion du français au Québec.
La création d'un organisme chargé de défendre et d'assurer la progression du français est une vieille revendication des milieux nationalistes. L'idée, reprise dans les recommandations de la Commission Tremblay, formée en 1953, est finalement amenée à terme par le gouvernement libéral de Jean Lesage. À ses débuts, l'OLF cherche à établir une norme pour le français parlé et écrit. Dans un rapport publié le 1er avril 1964, l'OLF définit ainsi sa mission : «cap sur le français international, promotion des canadianismes de bon aloi et lutte contre les anglicismes, (...) normalisation de la langue au Québec et intervention de l'État pour mettre en oeuvre une politique globale de la langue qui tiendra compte notamment de l'importance de la motivation socio-économique pour faire du parler français la langue prioritaire au Québec.»
1967 - Usage obligatoire du français dans l’étiquetage des produits agricoles(A.C. 683, 15 mars 1967. Jugé valide par la Cour d’appel en 1976: P.G. du Québec c. Dominion Stores ltd).
1969 - Loi 63 «Loi pour promouvoir la langue française au Québec»:À la suite au dépôt du rapport de la Commission d'enquête sur la situation de la langue française et des droits linguistiques au Québec, le gouvernement libéral de Robert Bourassa, adopte la Loi 22 qui fait du français la seule langue officielle au Québec.
La loi fit du français la langue officielle dans un certain nombre de secteurs :
De plus, la loi met sur pied des Commissions de terminologie, chargées d'assister le gouvernement et les entreprises dans leurs efforts de francisation secteur par secteur, ainsi qu'une Régie de la langue française qui, en plus de posséder un mandat de recherche et d'enquête, conseille le gouvernement et administre le programme de certification à la francisation.
1977 - Loi 101, soit la Charte de la langue françaiseLoi 101, soit la Charte de la langue française, constitue le point culminant d'un débat qui est marqué par l'adoption de la Loi 63 (1969) et de la Loi 22 (1974). Elle fait du français la langue officielle de l'État et des cours de justice au Québec, tout en faisant du français la langue normale et habituelle au travail, dans l'enseignement, dans les communications, dans le commerce et dans les affaires. L'enseignement en français devient obligatoire pour les immigrants, même ceux en provenance d'autres provinces canadiennes, à moins qu'un «accord de réciprocité» n'intervienne entre le Québec et la province d'origine (ce qu'on désigne comme la clause Québec).
Une nouvelle loi sur la langue figure aux plus hauts rangs des priorités du gouvernement du Parti québécois. Après la publication d'un livre blanc sur le sujet, en 1977, le projet de loi 1, fortement appuyé par les groupes nationalistes et les organisations syndicales, entre autres, rencontre une opposition d'égale intensité du côté des dirigeants d'entreprises et de la population anglophone de la province. Ce premier projet de loi est retiré comme suite aux pressions exercées par l'Opposition libérale. Cependant, il réapparaîtra sous la forme du projet de loi 101.
1979 - Arrêt BlaikieLa Cour suprême rend inopérants les articles 7 à 13 de la Charte de la langue française, jugés contraires à l’article 133 de la Loi constitutionnelle de 1867. (langue de la législation et de la justice)
(13 déc. 1979 : (1979) 2 R.C.S. 1016, complété par : (1981) 1R.C.S. 312)
1979Loi réadoptant en français et en anglais la loi 101 et toutes les autres lois adoptées depuis 1977, mais ne modifiant pas les articles 7 à 13 de la Charte elle-même. (langue de la législation et de la justice)
(L.Q. 1979, chap. 61)
L’article 23, touchant le droit à l’enseignement dans la langue de la minorité française ou anglaise de chaque province, est rédigé de manière à invalider le chapitre VIII de la Charte de la langue française. (langue de l’enseignement)
Modifie certaines dispositions de la Charte de la langue française apporter des assouplissements en ce qui a trait aux institutions de la minorité anglophone, pour donner un caractère permanent à la francisation des entreprises en supprimant la date limite du 31 décembre 1983, et pour exempter les diplômés du niveau secondaire, au Québec, des examens de français pour l’accès aux ordres professionnels.
(L.Q. 1983, chap. 56) 1984 - Jugement sur la langue d’enseignement(P.G. du Québec c. Quebec Protestant School Boards (1984) 2 R.C.S. 66)
Le 26 juillet 1984, la Cour suprême conclut au caractère inopérant du chapitre VIII de la Charte de la langue française sur la langue d’enseignement dans la mesure de son incompatibilité avec l’article 23 de la Charte canadienne. (langue de l’enseignement)
1988 - Arrêt FORD (Valerie Ford c. P.G. du Québec (1988) 2 R.C.S. 712)Le 15 décembre 1988, la Cour suprême conclut que l’interdiction de toute autre langue que le français dans l’affichage public et la publicité commerciale va à l’encontre de la liberté d’expression. (langue de l’affichage commercial)
1988 - Loi 178Quelques jours après l'annonce du jugement de la Cour suprême désavouant l'usage exclusif du français dans l'affichage commercial, le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, précise la position que son gouvernement adoptera dans ce domaine. Il permettra l'affichage bilingue à l'intérieur des commerces et aura recours à la clause nonobstant pour que l'unilinguisme français soit toléré à l'extérieur.
Le jour de cette annonce, un grand rassemblement nationaliste se déroule au Centre Paul-Sauvé. Il ajoute de la pression sur les épaules du premier ministre qui, le lendemain, dépose à l'Assemblée nationale le projet de loi 178 visant à amender la Charte de la langue française. Pour exprimer leur insatisfaction, trois ministres libéraux (Clifford Lincoln, Richard French, Herbert Marx) présenteront leur démission au premier ministre. La Loi 178 sera tout de même adoptée par l'Assemblée nationale le 22 décembre 1988.
(L.Q. 1988, chap. 54)
Utilisation de la disposition de dérogation (5 ans) par l’Assemblée nationale pour maintenir l’usage exclusif du français dans l’affichage extérieur. (langue de l’affichage commercial)
1992 - Arrêt SinclairLe 27 février 1992, la Cour suprême décide que les textes d’application faisant partie du processus législatif, comme le décret fusionnant les villes de Rouyn et de Noranda, sont assujettis à l’article 133. (langue de la législation et de la justice)
(1992) 1 R.C.S. 579)
1992 - Loi 34(L.Q. 1992, chap. 37)
Concernant l’extension du bilinguisme aux textes d’application des lois. (langue de la législation et de la justice)
1993 - Loi 86(L.Q. 1997, chap. 40)
1997 - Loi 40(L.Q. 1997, chap. 24)
2000 - Loi 171(L.Q. 2000, chap. 57)
2002 - Loi 104(L.Q. 2002, chap. 28)
Source: Site de l’OQLF www.olf.gouv.qc.ca