1.
L’inscription
Si l’entreprise n’a pas déjà elle-même demandé de l’inscrire à
l’Office québécois de la langue française, l’Office communique avec
le président ou la présidente de votre entreprise pour lui demander
de former un comité de francisation et de remplir un formulaire de
demande de renseignements généraux.
2. L’analyse linguistique
En même temps que son attestation d’inscription, votre entreprise
reçoit la demande d’effectuer l’analyse de sa situation
linguistique et de remplir le formulaire prévu à cet effet. Ce
formulaire permet de procéder à l’étude de la situation du français
et de produire le rapport destiné à l’Office québécois de la langue
française. La Charte prévoit qu’il revient au comité de
francisation d’effectuer l’analyse linguistique et c’est à cette
étape-ci que commence véritablement le travail des membres du
comité.
Quand l’analyse de la situation linguistique est terminée, chaque
membre du comité révise le contenu du formulaire rempli et le
signe. Votre comité le transmet ensuite à la direction de
l’entreprise qui l’envoie à l’Office québécois de la langue
française pour examen.
L’Office procède alors à l’examen et à l’évaluation des
renseignements qui ont été recueillis.
Si l’Office juge que l’utilisation de la langue française est
généralisée dans les activités québécoises de votre entreprise, il
lui délivre un certificat de francisation attestant que la langue
française possède le statut que les programmes de francisation ont
pour objet d’assurer.
S’il juge que l’utilisation de la langue française n’est pas assez
répandue dans votre entreprise, l’Office québécois de la langue
française lui demande, par l’intermédiaire de son comité de
francisation, d’élaborer et de soumettre un programme de
francisation qui vise à généraliser l’utilisation du français.
Certaines entreprises dont le siège social ou un centre de
recherche est situé au Québec peuvent se prévaloir d’une entente
particulière pour leur siège social ou leur centre de recherche si
elles ont des raisons de croire que l’application d’un programme de
francisation nuirait considérablement à son fonctionnement. Elles
doivent alors obtenir de l’Office l’admissibilité à une telle
entente, élaborer ensuite un projet d’entente et le présenter à
l’Office pour approbation.
3. L’élaboration d’un programme de
francisation
L’Office québécois de la langue française avise votre comité de
francisation des éléments à retenir dans le projet de programme de
francisation.
Le programme de francisation doit viser la généralisation de
l’utilisation du français et peut porter sur un ou plusieurs des
éléments suivants, en tenant compte des situations révélées par
l’analyse linguistique.
Le programme doit indiquer clairement les objectifs que l’on croit
pouvoir atteindre, les mesures qu’on entend prendre pour les
atteindre ainsi que le délai prévu pour l’application de telles
mesures.
Quand l’élaboration du programme est terminée, tous les membres du
comité de francisation signent, après en avoir révisé le contenu,
le formulaire rempli.
La direction de l’entreprise reçoit le programme et l’envoie pour
approbation à l’Office québécois de la langue française au plus
tard douze mois après avoir reçu la demande d’élaboration du
programme.
L’application d’un programme de francisation à certains sièges
sociaux et centres de recherche peut faire l’objet d’ententes
particulières.
Les sièges sociaux et les centres de recherche admissibles à ces
ententes peuvent utiliser une autre langue que le français comme
langue de fonctionnement pourvu qu’on utilise le français dans
certaines communications.
4. L’approbation du programme de
francisation
L’Office québécois de la langue française reçoit le programme et en
analyse le contenu.
S’il juge que votre programme est conforme aux objectifs de
généralisation de l’utilisation du français, l’Office l’approuve et
confie la surveillance de son application au comité de
francisation.
Si l’Office juge que le programme proposé ne répond pas aux
objectifs de généralisation de l’utilisation du français, il
entreprend d’en négocier le contenu avec le comité de francisation.
Après cette négociation, votre comité révise et signe le programme
et l’entreprise le soumet à l’Office pour approbation.
5. L'application du programme de
francisation
Le comité de francisation doit veiller à la mise en oeuvre du
programme de francisation de la manière la plus efficace possible.
Au cours de l’application du programme, l’Office québécois de la
langue française demande au comité de francisation de préparer et
de lui transmettre des rapports sur les progrès réalisés au moins
une fois tous les douze mois. Les membres du comité se chargent
d’élaborer ces rapports, d’en réviser le contenu et de les signer.
L’entreprise et son comité de francisation reçoivent périodiquement
la visite du conseiller ou de la conseillère en francisation qui
leur fournira une aide technique. On s’assurera, par ces visites,
de l’efficacité du programme par rapport aux objectifs fixés et on
veillera à ce que le calendrier prévu soit respecté.
Lorsque l’entreprise et son comité de francisation présentent à
l’Office un rapport qui atteste la réalisation complète du
programme, le conseiller ou la conseillère en francisation
entreprend les démarches de recommandation pour la délivrance du
certificat de francisation.
6. La délivrance du certificat de
francisation
Si l’Office québécois de la langue française considère que les
objectifs de généralisation de l’utilisation du français sont
atteints, l’entreprise reçoit le certificat de francisation dont
une copie devrait être affichée dans chacun de ses établissements
au Québec.
7. Le maintien du français
L’obtention du certificat de francisation ne signifie pas que la
francisation est achevée. Votre entreprise a atteint un degré élevé
d’utilisation du français à une période donnée, mais le certificat
n’est pas la garantie d’une francisation durable pour l’avenir, ni
la preuve qu’il n’est plus nécessaire d’améliorer la situation et
la qualité du français.
Par ailleurs, la Charte oblige votre entreprise à remettre à
l’Office, au moins tous les trois ans, un rapport sur l’évolution
du français à l’aide d’un formulaire fourni par l’Office. Les
membres du comité se chargent de l’élaboration de ce rapport et le
signent après en avoir révisé le contenu.
Page de l'OQLF sur la francisation des entreprises
Source : Office québécois de la langue française
Ce difficile mandat de «chien de garde» du processus de
francisation que le législateur, en 1977, à confié aux travailleurs
et aux travailleuses n’a pas encore réussi à s’imposer dans tous
les milieux de travail concernés comme moteur du processus.
Les dernières modifications apportées à la Charte de la langue
française ont instauré des mesures pour protéger les travailleurs
et travailleuses lorsqu’ils s’impliquent dans le dossier de la
francisation. Par exemple, la loi précise qu’il est interdit à un
employeur de ne pas rémunérer, de congédier, de mettre à pied, de
rétrograder ou de déplacer un travailleur pour la seule raison
qu’il a participé aux réunions du comité ou d’un sous-comité ou
effectué des tâches pour eux. (article 137.1)
Ces modifications apportées à la Charte ont comme but de faire en
sorte que les travailleurs et travailleuses puissent s’acquitter
correctement et librement de leur mandat. Savons-nous les utiliser?
Exemples d'entreprises francisées
Témoignages